La greffe de cheveux prélève des follicules dans une zone résistante à la chute, à l’arrière du crâne, pour les réimplanter dans les zones dégarnies. Elle se pratique par FUE ou DHI, sous anesthésie locale et en ambulatoire. Les résultats s’apprécient sur 9 à 12 mois.
La perte de cheveux touche une grande partie des hommes et un nombre important de femmes. Lorsque les traitements médicaux ne suffisent plus à contenir la chute, la greffe permet de redonner de la densité là où le follicule a disparu. Cet article explique le principe de l’intervention, à qui elle s’adresse, comment elle se déroule et ce qu’il est raisonnable d’en attendre, à partir des données scientifiques disponibles.
- Le principe : la dominance du donneur
- Pourquoi les cheveux tombent-ils ?
- FUE et DHI : ce qui les distingue
- Le greffon, au cœur du résultat
- Qui est un bon candidat ?
- Les traitements médicaux et leur niveau de preuve
- Le déroulé, étape par étape
- Les résultats dans le temps
- Risques et précautions
- Questions fréquentes
Le principe : la dominance du donneur
La greffe de cheveux, ou implantation capillaire, est une procédure médicale de précision. Elle repose sur un phénomène décrit dès les années 1950 et appelé dominance du donneur : les follicules de la couronne, à l’arrière et sur les côtés du crâne, sont peu sensibles à la dihydrotestostérone, l’hormone impliquée dans la calvitie commune. Déplacés vers les zones dégarnies, ils emportent cette résistance avec eux et continuent généralement à pousser.
C’est toute la logique de l’intervention : on ne crée pas de cheveux, on redistribue un capital existant. Cette nuance a une conséquence pratique importante, sur laquelle repose une bonne part de la consultation préalable : la surface que l’on peut couvrir est bornée par la densité de la zone donneuse, pas par le souhait du patient.
Le praticien prélève des unités folliculaires, ces groupes naturels de 1 à 4 cheveux dans lesquels la chevelure s’organise spontanément, puis les réimplante une à une. L’orientation, l’inclinaison et la densité sont choisies pour reproduire une implantation naturelle, y compris ses irrégularités.
Pourquoi les cheveux tombent-ils ?
Dans l’immense majorité des cas, la cause est l’alopécie androgénétique : sous l’effet conjugué d’une prédisposition génétique et des androgènes, le follicule se miniaturise cycle après cycle. Le cheveu devient plus fin, plus court, plus clair, jusqu’à ne plus émerger. Le processus est progressif et suit des schémas assez reproductibles, décrits par l’échelle de Norwood chez l’homme et celle de Ludwig chez la femme.
Ce caractère évolutif explique une chose essentielle : une greffe réalisée trop tôt, sur une calvitie encore en mouvement, expose à voir les cheveux d’origine disparaître autour des cheveux greffés, avec un résultat qui se déséquilibre avec le temps. D’où l’intérêt, souvent, de stabiliser d’abord.
FUE et DHI : ce qui les distingue
Les deux techniques pratiquées aujourd’hui reposent sur le même prélèvement, follicule par follicule. Elles diffèrent sur la manière d’implanter.
Le choix entre les deux ne relève pas d’une hiérarchie : il se décide en consultation, selon l’étendue de la zone à couvrir, la qualité de la zone donneuse, la nature du cheveu et les attentes exprimées. Les techniques par bandelette de cuir chevelu, qui laissaient une cicatrice linéaire, ont été largement abandonnées.
Le greffon, au cœur du résultat
Entre le moment où le follicule quitte la zone donneuse et celui où il est réimplanté, il est vulnérable. Trois points conditionnent le résultat :
- La sélection. Densité, direction de pousse et qualité des follicules sont évaluées avant tout prélèvement, pour ne pas appauvrir la zone donneuse de façon visible.
- La ligne frontale. Une ligne trop basse, trop droite ou trop dense trahit immédiatement une greffe. Une répartition étudiée, respectant les micro-irrégularités naturelles, évite l’effet dit « en bouchons ».
- La préservation. Une conservation par le froid pendant le geste vise à limiter la souffrance des greffons entre prélèvement et réimplantation, afin de favoriser leur survie.
Qui est un bon candidat ?
La greffe s’adresse avant tout à l’alopécie androgénétique stabilisée, chez l’homme comme chez la femme. Trois conditions se conjuguent :
- une chute stabilisée, spontanément ou sous traitement médical ;
- une zone donneuse de densité suffisante pour couvrir la surface visée ;
- des attentes réalistes sur la densité qu’il est possible d’atteindre.
Les traitements médicaux et leur niveau de preuve
La greffe redensifie une zone mais n’interrompt pas l’évolution de la chute sur les cheveux d’origine. Des traitements médicaux peuvent être envisagés en amont pour stabiliser, comme en aval pour préserver le résultat. Tous n’ont pas le même niveau de preuve, et il est utile de le dire clairement.
En application locale, il constitue un traitement de référence, évalué depuis des décennies. Une forme orale à faible dose, prescrite hors autorisation de mise sur le marché, fait l’objet de données d’efficacité croissantes, sous surveillance médicale.
Chez l’homme, une prescription par voie orale est possible et bien documentée. Une forme topique montre, dans des essais contrôlés, une efficacité proche avec une exposition générale moindre. Les effets indésirables potentiels doivent être exposés avant toute prescription.
Injection d’un concentré issu du sang du patient. Les résultats publiés sont encourageants, mais les protocoles diffèrent beaucoup d’une étude à l’autre, ce qui rend les comparaisons difficiles.
Réinjection d’un micro-broyat de cuir chevelu riche en cellules. Les premières études sont prometteuses, le recul reste limité.
Approche émergente. Des données suggèrent un effet sur la densité, mais le niveau de preuve reste faible et l’encadrement réglementaire est strict.
Minoxidil et finastéride disposent aujourd’hui du socle de preuves le plus solide. Les approches régénératives se discutent au cas par cas, en consultation, en expliquant ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas encore.
Le déroulé, étape par étape
Les résultats dans le temps
La patience fait partie du traitement. Voici les repères habituels :
La littérature indique que la FUE procure des résultats et un niveau de satisfaction satisfaisants lorsqu’elle est réalisée dans de bonnes conditions, la qualité dépendant fortement de l’expérience de l’opérateur et de la sélection des patients.
Un point mérite d’être souligné : la greffe traite les zones dégarnies mais n’arrête pas l’évolution de la calvitie sur les cheveux d’origine. Un traitement médical d’entretien est donc souvent associé pour préserver les cheveux non greffés. Les méta-analyses disponibles confirment l’intérêt de ces traitements, tout en notant un niveau de preuve variable selon les études.
Risques et précautions
La greffe est un acte considéré comme sûr, mais elle n’est pas dénuée de suites possibles : œdème transitoire, douleurs modérées, risque d’infection, folliculite, hypoesthésie temporaire de la zone donneuse, rougeurs persistantes, ou résultat insuffisant en cas d’indication inadaptée ou de zone donneuse limitée. Une évaluation médicale rigoureuse et le respect des consignes post-opératoires réduisent ces risques.
Comme pour tout acte médical, le résultat varie d’une personne à l’autre et ne peut être garanti. Une consultation qui n’aborde pas ces limites est une consultation incomplète.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une greffe de cheveux ?
Qui est un bon candidat ?
La greffe est-elle définitive ?
Quand voit-on le résultat ?
La greffe est-elle possible chez la femme ?
L’intervention est-elle douloureuse ?
Quels sont les risques ?
Dr Othman Ghali — médecin esthétique, Saint-Rémy-de-Provence.
Article d’information médicale à visée pédagogique. Il ne se substitue pas à une consultation et ne constitue pas un avis personnalisé.
- Follicular unit extraction hair transplant — revue PubMed 31624428
- Donor site healing in follicular unit extraction hair transplantation — 2025 PubMed 40920315
- Non-surgical treatments for androgenetic alopecia: network meta-analysis — Gupta AK et al. PubMed 29797431
- Non-surgical treatments for AGA in men and women: network meta-analyses and evidence quality — Gupta AK et al., 2020 PubMed 32250713
- Topical finasteride spray for male AGA: phase III randomised controlled trial — 2022 PubMed 34634163
- Low-dose oral minoxidil in androgenetic alopecia — 2024 PubMed 38315101
- Autologous micrografts from scalp tissue in male and female AGA — Gentile P et al., 2020 PubMed 32071919
- En complément : Haute Autorité de Santé et Assurance Maladie (ameli.fr), alopécie androgénétique.
Dr Othman Ghali

Le Dr Othman Ghali est médecin, spécialiste en médecine vasculaire, inscrit à l’Ordre des médecins. Il exerce la médecine esthétique et la greffe capillaire à Saint-Rémy-de-Provence. Chaque geste est précédé d’une consultation individuelle, d’une information sur les bénéfices et les risques, et d’un délai de réflexion.


